Isabelle Wallace : Mon histoire

IsabelleJ’ai grandi dans la Première nation des Malécites du Madawaska au Nouveau-Brunswick et j’ai toujours eu un intérêt pour la santé. Jeune fille, je n’avais jamais peur d’aller à l’hôpital. En fait, j’ai toujours su que je consacrerais ma vie et ma carrière à aider les autres.

Isabelle Photo 2J’ai découvert la profession infirmière lors de mes études en psychologie à l’Université de Moncton. Dans le cadre d’un travail de recherche au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton, j’ai interviewé des patients dialysés et j’ai observé le travail qu’accomplissaient les infirmières. J’ai vite adoré cette profession et j’ai réorienté mes études vers le baccalauréat en sciences infirmières.

Les soins infirmiers sont plus qu’une carrière. La profession a été pour moi une source d’inspiration sur bien des plans et m’a appris des leçons de vie précieuses. Outre l’amour, la patience, l’altruisme, la compassion et l’espoir, j’ai appris à défendre des gens et des causes.

Durant mes études, une de mes professeures, France Chassé, m’a parlé des bourses du Fonds autochtone de sciences infirmières TD/FIIC. Par son entremise et celle de la FIIC, j’ai fait la connaissance de Michèle Parent-Bergeron, infirmière autochtone francophone et professeure à l’Université Laurentienne, qui est devenue mon mentor.

Au départ, j’ai hésité à demander une bourse de la FIIC parce que je me sous-estimais et que je n’avais pas assez confiance en moi. J’étais la seule infirmière autochtone de mon université et je n’avais jamais eu la chance de rencontrer d’autres autochtones qui étudiaient les sciences infirmières. Soutenue par mes mentors, j’ai surmonté mes doutes et j’ai posé ma candidature à une bourse. L’obtention de cette bourse en 2015 représente beaucoup pour moi : mes aptitudes et mes efforts sont reconnus et, plus important encore, j’ai appris à croire en moi.

Isabelle Photo 4J’avais une piètre estime de moi avant d’entreprendre des études en sciences infirmières. En plus de me donner la confiance voulue pour atteindre mes objectifs, comme le fait d’être acceptée à la maîtrise à l’Université d’Ottawa et de faire mon stage pratique final auprès de Santé Canada pour une communauté autochtone du nord du Manitoba, cette bourse m’a montré la valeur du mentorat et du soutien communautaire. Le soutien des gens qui nous entourent peut faire la différence entre la réussite et l’échec. Je ne serais pas ici aujourd’hui si je n’avais pas eu le soutien de ma communauté, de l’État et de fondations comme la FIIC.

Les femmes de ma communauté sont des battantes. Étant une autochtone francophone, j’ai appris à revendiquer ma place. Ma communauté fait preuve de leadership, de persévérance et d’esprit d’équipe. Par ailleurs, j’ai constaté la valeur du mentorat et du soutien communautaire en participant à des comités et des associations.

Il est difficile de recruter et de retenir des infirmières autochtones. C’est pourquoi je crois fermement au mentorat et au soutien des étudiantes ; c’est aussi la raison pour laquelle je me suis engagée à travailler et à faire du bénévolat dans le cadre du projet de mentorat de l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada. Les réalités et les obstacles sont différents d’une communauté à l’autre, mais dans tous les cas, une autochtone qui désire devenir infirmière doit faire des sacrifices financiers et, surtout, s’éloigner de ses proches et délaisser ses responsabilités immédiates, affronter des chocs culturels et des barrières linguistiques, entre autres difficultés.Isabelle Photo 1

Depuis que j’ai obtenu ma bourse, je me suis aperçue que j’étais loin d’être seule à poursuivre les mêmes objectifs et je suis fière de servir de mentor à d’autres étudiantes autochtones par l’entremise de l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada et, dans un proche avenir, dans le cadre de mon programme de maîtrise à la Faculté de sciences infirmières de l’Université d’Ottawa.

La confiance en soi est une force ! Elle n’est pas toujours facile à acquérir, mais lorsque vous l’avez, vous pouvez accomplir de grandes choses. Je suis en dernière année de baccalauréat et je veux en priorité être une voix et un pilier pour les personnes qui m’entourent. C’est pourquoi j’axerai mes études et mon mémoire de maîtrise sur la santé autochtone.

Les infirmières autochtones peuvent être une force puissante dans leurs communautés et au-delà. Leur compréhension unique du milieu peut faire une énorme différence, à la condition qu’elles soient habilitées à agir. Un engagement collectif envers le mentorat et envers les programmes encourageant la formation des infirmières comme celui de la FIIC peut avoir un impact inouï.

La campagne lancée par la FIIC pour recueillir des fonds destinés aux études et à la recherche infirmières autochtones me tient beaucoup à cœur et j’espère que d’autres étudiantes bénéficieront comme moi du soutien de la FIIC. Mon travail auprès des peuples autochtones ne fait que commencer. Je remercie la FIIC de m’avoir aidée à trouver ma voie et à atteindre mes objectifs.